Serons – nous tous des digital nomads en 2030 ?

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« Être heureux, c’est apprendre à choisir » nous disait Sénèque. Choisir sa voie, son métier, sa manière de vivre, là serait donc la clé du bonheur. A l’heure où je rédige ces lignes, je m’envole pour Porto, non pas pour profiter des plages et des spécialités locales, mais pour travailler dans un cadre différent, et rompre l’espace de quelques jours avec la routine de la capitale. Est-ce que cela fait de moi un digital nomad ? Un télé-travailleur ? Un millennial désabusé en quête de changement ?

Par définition, un digital nomad est un individu qui voyage à travers le monde tout en travaillant sur son ordinateur avec une simple connexion wi-fi, soit à son compte, soit pour une entreprise.

Mais cette définition historique semble évoluer, ou plutôt se diluer. L’essence du digital nomadisme se répand aux autres catégories de la population active et ne semble plus être réservée aux freelances. Qu’ils soient salariés, entrepreneurs, start-uppers, ils sont de plus en plus à avoir intégré à leur quotidien une dose de nomadisme, de liberté, de découverte. Un but commun à tous ces individus ? La recherche du parfait équilibre entre vie personnelle et professionnelle, et la quête insatiable de plus de productivité.

Que ce soit depuis le troquet à l’angle de la rue, depuis le dernier co-working à la mode ou encore les pieds dans l’eau au bord d’une piscine, on assiste à une forte progression du nombre d’individus qui font le choix de travailler dans un cadre où ils se sentent mieux qu’au bureau.

Cette recherche du bien-être professionnel gagne du terrain et s’installe pour de bon. En témoigne l’arrivée des Chief Happiness Officers dans l’entreprise, qui ont pour mission de réconcilier travail et bonheur. Et le cadre de travail semble désormais compter pour beaucoup dans notre définition du bonheur…

Certaines entreprises ont adopté un modèle d’organisation  totalement distribuée à travers le monde, comme l’entreprise américaine Buffer, qui compte bientôt 100 employés mais aucun bureau. Leur postulat : les gens travaillent mieux dans un endroit où ils se sentent bien.

Ce qu’on peut dire aujourd’hui, c’est que le travail n’a pas lieu là où se trouve notre bureau. Désormais le travail a lieu là où se trouve notre ordinateur. Il a lieu là où se trouvent Gmail, Slack, Github, Hangout, ou tout autre outil cloud indispensable en 2018.

Le phénomène des digital nomads et du travail à distance a fait son apparition dans les année 90 mais est devenu vraiment populaire depuis les années 2010, grâce à la prolifération des différents outils cloud que l’on connaît aujourd’hui. C’est grâce à cet essor technologique qu’une entreprise peut se gérer à distance, et que des projets collaboratifs peuvent également se développer à distance avec une équipe répartie sur plusieurs fuseaux horaires.

De même, l’amélioration de la connectivité à Internet partout dans le monde, l’amélioration des technologies mobiles, la facilité à louer un logement avec Airbnb ou à se déplacer avec Uber, la facilité à se former sur Internet, et bien sûr l’augmentation du nombre de jobs disponibles en freelance, tout cela a contribué à faire du mode de vie nomad un mode de vie viable et attractif, ce qui n’était pas le cas il y a encore 20 ans.

Jadis en marge de la société, les digital nomads pourraient bien devenir une importante part des travailleurs actifs. Mais est-ce qu’un jour nous serons tous digital nomads ? Sans doute pas dans l’immédiat. Mais l’explosion du nombre de travailleurs nomads est bien là, et certaines études estiment que ce nombre pourrait atteindre 1 milliard en 2035. En tout état de cause, c’est bien cette population qui fait avancer le sujet du travail mobile et du travail distribué. Ce sont les usages bien particuliers des digital nomads qui font progresser ces outils qui se retrouvent ensuite dans les mains de tous. Ces nouveaux travailleurs représentent les forces vives d’un nouveau mode de travail, de nouveaux modes de collaboration, et peut-être de nouvelles manières de vivre.

Cette explosion nomad est également accompagnée de l’essor des plateformes en ligne, comme les plateformes de freelances, qui permettent à ces experts du numérique de trouver de nouveaux projets à portée de clic, mais aussi d’être accompagné au jour le jour sur tous les aspects de leur vie professionnelle. Ces plateformes sont pour certaines peuplées de communautés, qui permettent aux travailleurs de ne pas rester seul, et de se retrouver avec leurs pairs. D’un point de vue économique, l’essor du nombre de digital nomads ne peut se faire que si l’offre de jobs à distance croît à la même vitesse. D’où la responsabilité des plateformes de freelances, qui ont pour enjeu de démocratiser le travail à distance dans les entreprises, et encourager ces dernières à recruter des talents freelances à l’autre bout du monde pour accélérer leur croissance avec les meilleurs experts.

La vie de digital nomad comporte tout de même plusieurs challenges, à commencer par la motivation ! Quand on travaille dans un bureau, c’est plus facile de garder le rythme, car tout le monde est réuni dans le même environnement. Quand on est un travailleur indépendant, il faut observer une certaine rigueur et se discipliner seul. Ce besoin de motivation explique en grande partie la popularité des espaces de « coworking », qui permettent de briser un peu l’isolement et le manque de routine en s’entourant de gens qui partagent également ce mode de vie.

Qu’en est-il du côté de l’entreprise ?

Si les travailleurs du numérique sont bien là, il faut maintenant s’assurer que les organisations soient prêtes à collaborer efficacement avec eux. Dans la course aux talents, l’entreprise d’aujourd’hui n’a guère d’autre choix que de s’adapter au nouveau contexte en place et embrasser avec enthousiasme ce mouvement fleurissant. Quel sort sera réservé à l’entreprise qui n’ouvrira pas les frontières de son organisation aux travailleurs nomads ? Comment recruter une population qui ne souhaite plus être barricadée entre 4 murs ? Telles sont les questions que doivent se poser les dirigeants d’entreprises aujourd’hui.

Au-delà de la nécessité structurelle de s’adapter à ce nouveau paradigme, il existe de nombreux avantages au nom desquels les entreprises ont tout à gagner à miser sur le mouvement nomade.

Premièrement, offrir plus de liberté et de flexibilité à vos collaborateurs vient directement accroître leur épanouissement, leur productivité, et peut-être même leur créativité. A la fin de la journée, ce mélange contribuera sans doute à de meilleurs résultats pour l’organisation.

Ensuite, vivre et travailler dans un cadre neuf et différent favorise la créativité des individus. Et un employé créatif avec des idées nouvelles a évidemment des effets positifs pour les projets innovants de votre entreprise. L’innovation vient de la rencontre entre plusieurs idées qui n’avaient pas l’habitude de se côtoyer. Choquer sa créativité grâce à un environnement différent peut s’avérer redoutable. En témoigne l’engouement pour les « creative space » par exemple.

Troisièmement, installer une culture nomad ne peut renvoyer qu’une image positive et attractive pour votre entreprise. Votre marque RH en dehors de vos murs sera perçue comme plus moderne, plus libérée et plus novatrice. Et sur un marché de l’emploi aussi tendu qu’aujourd’hui, ce sont ces éléments liés au bien être des employés qui peuvent faire la différence. Et si les digitals nomads étaient la clé de votre future marque RH ?

Enfin, s’ouvrir sur cette innovation RH signifie aussi s’ouvrir à la population freelance, pour tous les avantages que cela comporte : faire venir dans votre entreprise des expertises nouvelles ou rares, de manière ponctuelle, pour enrichir vos équipes de nouvelles méthodes, d’un nouveau savoir, et faire avancer vos projets. Et puis, décider de travailler avec des freelances sans contrainte de lieu est un des meilleurs moyens de pouvoir travailler avec les talents du monde entier. Votre terrain de recrutement se globalise, et votre champ des possibles devient sans limite.

L’entreprise d’aujourd’hui a tout à gagner à suivre avec attention les mutations du travail, pour tirer son épingle du jeu et ne pas se retrouver à la traine. Ce challenge est en particulier valable pour les plus grands acteurs du marché, véritables paquebots qui peuvent vaciller à tout moment, faute de réactivité, ou de lucidité.

Les nouveaux usages et les mutations du travail doivent être pris avec le plus grand sérieux par les acteurs qui évoluent au premier plan de notre économie. Le futur du travail se dessine aujourd’hui, au gré des progrès de la mobilité et au fil des évolutions de notre société. Les plus grandes entreprises, tout comme les institutions, se doivent de devenir un modèle à suivre pour faire rayonner notre économie au-delà de nos frontières. Car sur le terrain de l’innovation ce ne sont pas les idées qui comptent, mais ce que nous en faisons.

Source : Forbes

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