Désirabilité sociale : doit-on faire tomber le masque ?

admin

Selon les psychologues, la plupart d’entre nous changent ou modifient délibérément leur personnalité au travail selon ce qu’ils souhaitent donner à voir. On appelle cela la désirabilité sociale : il s’agit du processus par lequel chacun tente de contrôler l’image qu’il dégage. Comment ce processus impacte-t-il les personnes et les organisations ? Est-ce une conséquence directe de ce qu’on appelle le mimétisme pour correspondre aux attentes de notre employeur ? N’empêche-t-il pas en réalité de révéler le meilleur de nous-même en nous poussant à nous conformer aux attentes parfois contre-productives ?

Le phénomène de désirabilité sociale n’est en soi, ni une bonne ni une mauvaise chose. C’est même un trait de personnalité universel selon certains chercheurs (R. Cattell). Reste néanmoins à savoir si, lorsque les individus investissent beaucoup d’énergie à afficher un visage qui n’est pas le leur, ils sont toujours en mesure de puiser dans leur propre potentiel pour s’engager pleinement pour leur organisation. De même, quel serait l’impact sur la capacité d’innovation d’une organisation si, dans sa recherche de profil “typiques”, elle finit par étouffer la singularité et l’authenticité des collaborateurs ?

Selon notre expérience, la connaissance de soi constitue un préalable et une condition sine qua non au déploiement mais aussi au développement volontaire de nos points forts, ce qui a un impact positif sur nos performances. Révéler son potentiel signifie donner le meilleur de soi et non se conformer à une image qui nous aurait été imposée. Il s’agit d’un élément important à garder à l’esprit pour toute organisation souhaitant tirer le meilleur parti des forces humaines dont elle dispose.

La désirabilité sociale : entre besoin de rester honnête et celui d’expérimenter

La désirabilité sociale est, pour l’essentiel, apprise et pratiquée. Elle comporte une dimension morale et comportementale. Ces deux dimensions sont affectées par les traits dominants de notre personnalité.

Certaines personnes refusent par principe d’afficher un visage qui n’est pas le leur parce qu’elles estiment que c’est malhonnête. La tendance à rester inflexible sur cette position est un trait de la personnalité. Le refus de changer ou de modifier son comportement peut être une position légitime à condition de bien se connaitre et d’être conscient de ses forces mais aussi et surtout de ses angles morts, ce qui est rarement le cas.

D’autres personnes n’ont, quant à elles, aucune difficulté à être des caméléons. Eprouver de l’intérêt pour le changement ou faire de l’expérimentation avec leurs comportements peut faire partie de leur personnalité. Toutefois, lorsque des personnes tentent d’afficher une personnalité qui n’est pas la leur, cela ne peut durer qu’un temps. La raison pour cela est la forte dépense d’énergie que cela nécessite, ce qui confirme l’adage bien connu : “Chassez le naturel, il revient au galop”.

Certains psychologues utilisent une métaphore nutritionnelle : “Si vous affamez un bouledogue pour en faire un caniche, vous obtenez un mastiff famélique.” Ainsi, si les éléments dominants de votre personnalité sont d’être doux et enclin à la tolérance, vous parviendrez difficilement à vous en débarrasser en tentant d’être dur et brutal.

La désirabilité sociale : découvrir des facettes cachées de sa personnalité

Il est essentiel de faire la différence entre, d’une part, l’apprentissage social qui correspond à l’acquisition des comportements permettant de se conformer aux normes de la vie commune ou pour développer sa palette de comportements habituels et ainsi son efficacité, et, d’autre part, la propension à cacher son “moi véritable”.

La plupart des individus peuvent être entraînés à modifier leur comportement jusqu’à développer une certaine aisance et ce faisant, peuvent découvrir des facettes de leur personnalité qui, sans cela, ne seraient pas révélées. Dans un premier temps, c’est un peu comme faire une tâche récurrente avec la main que l’on n’utilise pas habituellement. Cela semble bizarre, lent et frustrant mais, avec la pratique, cela devient de plus en plus facile. Et si l’on répète cette opération sur la durée, on peut devenir ambidextre et s’améliorer en se faisant aider par d’autres ou en les imitant.

Cette métaphore de la main illustre parfaitement ce qu’on appelle l’adaptation comportementale. Chacun peut jouer différents rôles, au-delà de ses nombreux rôles sociaux, ou porter, selon les contextes, un masque qui n’est pas sa nature profonde. Il y aura toutefois des limites à cette démarche, tant en termes d’efficacité sur le long terme, qu’en nombre de rôles que l’on peut jouer de manière convaincante. Sans oublier le fait que notre personnalité profonde a tendance à refaire surface dans un certain nombre de situations, notamment en situation de stress. Ainsi, pour rester performants et authentiques dans la durée, les personnes aux multiples visages auront besoin de combiner les comportements “appris” avec leur style naturel.

La désirabilité sociale : devenir une meilleure version de soi-même

Isabel Myers, co-auteur de l’Indicateur Myers-Briggs® (MBTI®), considérait que les individus seraient plus efficaces s’ils comprenaient leur personnalité profonde (leurs “préférences”) et prenaient conscience d’eux-mêmes.

Pour ce faire, ils auraient besoin de distinguer dans leur façon de se comporter, ce qui relève de leur vraie nature ou personnalité profonde et ce qui est de l’ordre de l’adaptation aux circonstances (les comportements “issus des préférences” par opposition aux comportements “importés dans les préférences”).

Il leur faudrait également comprendre l’impact des comportements qui ne relèvent pas de leur personnalité profonde ou de leur vraie nature sur leur efficacité, leur satisfaction, la qualité des relations avec les autres. Selon les personnes, cela peut aller d’une impression diffuse de malaise psychologique jusqu’au sentiment de plénitude lorsque l’on réussit une tâche pour laquelle on n’est pas naturellement doué. L’approche de découverte de soi et de développement personnel développée par Myers nous invite à développer autant que possible nos préférences comme reflet de nos inclinations naturelles ou de notre “moi véritable”. Selon ses recherches, lorsque nous essayons d’abord d’élargir notre palette, le nouveau comportement semble aussi étrange que lorsque nous essayons pour la première fois d’effectuer un travail avec notre main non-directrice. Myers pensait qu’avec cette connaissance, nous pouvions accélérer notre apprentissage et développer notre maturité psychologique. Elle a créé le MBTI pour aider à identifier les préférences naturelles d’une personne et ainsi, commencer un cheminement sur le chemin complexe du développement personnel.

Son approche aide par ailleurs les personnes à identifier leur style préféré, et à comprendre ainsi les défis qui peuvent les attendre dans leur développement si elles veulent adopter des types de comportement qui correspondraient moins à leur “style naturel”. Elle contribue alors à nourrir un climat propice à la valorisation et à l’acceptation des différences pour aider les organisations à investir dans le potentiel de chaque individu et à les aider à être leur “meilleur moi”. Ce qui est probablement la meilleure des manières de développer des personnes bien dans leur peau et des équipes performantes.

Ne ratez pas le dernier article sur le recrutement : quel rôle pour le manager ?

Source: www.rhinfo.adp.com

Celles-ci devraient également vous plaire
Par admin / 5 mai 2021

3 pratiques pour booster le moral et l’engagement des équipes

Les confinements successifs et le télétravail généralisé ont causé des dommages sur la [...]

En savoir plus
Par admin / 15 avril 2021

Désirabilité sociale : doit-on faire tomber le masque ?

Selon les psychologues, la plupart d'entre nous changent ou modifient délibérément leur [...]

En savoir plus
Par admin / 19 mars 2021

La cohésion d’équipe, meilleure alliée en cette période

Saviez-vous que le moral, l’ambiance et le bien-être sont importants pour 90% des collaborateurs [...]

En savoir plus
Par admin / 24 février 2021

RH et Marketing : frères ennemis ?

Le Marketing est une science qui est souvent comprise de manière confuse. C’est en effet [...]

En savoir plus
Par admin / 17 février 2021

La mobilité interne : “arme de performance massive” !

Face aux évolutions actuelles du marché du travail, la réponse est souvent sous les [...]

En savoir plus